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Collaborateur Intervenant

Parce que savoir répondre à toutes vos demandes est essentiel, je travaille en étroite collaboration avec Hervé Pupier, fondateur du Clan des Seeonee en 1982, éducateur canin, formateur et spécialiste des troubles du comportement ainsi que des chiens agressifs depuis plus de 30 ans.

 

En cas de troubles du comportement sévères, sa solide expérience auprès des chiens ainsi que son savoir-faire permettront de vous apporter des réponses complètes et ainsi d'établir un programme d'éducation adapté à vos demandes spécifiques.

 

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Pourquoi écrire un article sur ce sujet ?

Cet article m’est venu, à la suite de plusieurs conversations, ces dernières semaines, aussi bien avec des professionnels du chien, que des particuliers qui s’intéressent aux chiens.

La dernière conversation en date m’a particulièrement fait réagir intérieurement. Pour re-situer le contexte :

Il s’agissait d’une vidéo, crée par la maîtresse d’un rottweiler, qui voulait par ce biais nous montrer sa grande reconnaissance au sujet de son chien (vidéo d'ailleurs visible sur le site).

Ce chien était considéré comme dangereux quand elle l’avait récupéré 6 mois auparavant. 16 éducateurs canins et comportementalistes l’avaient eu entre les mains, et lui avaient préconisé l’euthanasie. Une évaluation comportementale effectuée par une vétérinaire avait confirmé cette sentence : euthanasie.

En désespoir de cause, cette maîtresse avait appelé une centaine de professionnels du chien dans la France, à la recherche d’une solution de dernière chance. Aucun n’a voulu se lancer dans la rééducation de ce chien. Enfin, elle n’a pas hésité à traverser la France, pour venir nous amener son chien.

En une heure, le chien était sur le terrain, sans laisse, en compagnie de plusieurs personnes, sans muselière. Sa maîtresse a pu le caresser pour la première fois. Il a pu jouer, avoir des câlins et établir des relations avec les êtres humains l’entourant sur le terrain…

Voilà pour le contexte. La conversation qui m’a fait réagir, a été lancée par (à priori) un professionnel du chien, offusqué par nos méthodes barbares et coercitives. En effet, sur la vidéo crée par la maîtresse, il s’avérait que l’on haussait la voix parfois, et que le chien a eu droit à une petite « tapette » sur le museau…

J’en viens donc à me poser un certain nombre de questions… Un chien est-il fragile ? Comprend-il le français (ou autre langue selon le pays) ? Serions-nous en train de perdre la raison ?

Je m’en vais donc tenter de répondre à ces quelques questions… avec ma vision personnelle.

Un chien est-il fragile ? Ou est-ce de l’anthropomorphisme que de penser qu’il l’est (autant que nous…) ?

Quel propriétaire (de chien moyen à gros) n’a pas un jour, été balayé par son chien qui courrait après quelque chose ? Le chien, lui, continue sa route comme si de rien n’était, et pour cause, il nous vous a même pas senti… le propriétaire du chien, lui se relève péniblement, et compte ses bleus…

Mon chien l’autre jour, m’a sauté dessus pour me faire un câlin, m’a donné un coup de tête, m’a fait une lèche et est reparti comme si de rien n’était… Quand à moi, ma tête était sous le coup d’une explosion de douleur terrible, et j’avais un morceau de dent en moins…

Notre chienne a subit une très grosse opération (tumeurs des mamelles), et a eu tout le ventre ouvert (soit une cicatrice d’une bonne trentaine de cm), deux heures après l’opération, elle allait chasser le lapin et battre la campagne. Nous serions dans la même situation, ne serions-nous pas les bras en croix, à l’hôpital, à réclamer des antidouleurs ?

Certains chiens, grâce à leur couche dense de sous poils, résistent à des températures négatives qui sont insupportables pour l’humain, sans 15 couches de vêtements spécifiques à de telles températures…

Lorsque deux chiens se battent, leur combat est spectaculaire… Des grognements terribles, des dents de crocodiles, des ruades dignes des plus beaux étalons, et bien souvent quelques trous en plus dans la peau en bout de course… C’est eux qui le font, sans notre intervention, c’est donc leur langage compris par eux, et la hauteur qui leur est propre…

Forte de ces quelques constatations simples, je viens à penser que comparer notre force et notre fragilité à celle du chien est impossible… Nous ne sommes pas constitués pareil, et notre seuil de tolérance est très différent…

Le chien comprend-il le français (ou une autre langue selon le pays) ?

En effet, ces dernières années, notre façon d’aborder le chien, et surtout son éducation a énormément changé. Des avancées éthologiques dans notre compréhension de cet animal ont été faites, et c’est une très bonne chose.

Mais également, une « dérive » inquiétante à mon sens, (mais ça, c’est à chacun de voir ce qu’il en pense), mise en avant par une quantité énorme d’articles pseudo scientifiques, sur ce qu’il convient ou non de faire face à un chien, que ce soit physiquement ou psychologiquement.

Cette vision, est hélas relativement extrémiste et ne supporte aucune contradiction : soit on y souscrit totalement, soit on est un barbare coercitif venu d’une autre époque ou la maltraitance était de mise… Et montré du doigt, on est poursuivit par une horde sauvage de bien-pensants nous accusant des pires sévices.

De bien-pensant vraiment ? Mais… dans notre exemple, concernant cette vidéo, n’a-t-on pas sauvé ce chien d’une mort certaine ? Cela ne devrait-il pas peser dans la balance ? Et bien non, car une « tapette » a été donné sur le museau du chien pour en arriver à ce résultat… Et plutôt que de faire cela, nous aurions du, comme tout les autres, lui parler dans un langage qu’il ne comprenait pas, échouer, et estimer ce chien « insauvable » et donc a euthanasier, plutôt que de nous permettre cette abomination horribe : donner une tapette à un chien. Et oui, nous devrions avoir honte…

Mais revenons à notre sujet, à savoir, le chien parle-t-il le français ?

Et bien si j’en crois ma raison, la réponse est non. Nous pouvons lui apprendre un certain nombre de mot, en lui expliquant ce qu’ils signifient en termes d’attentes de notre part. Lui expliquer par exemple, que s’il entend le son « ASSIS », cela signifie que l’on souhaite qu’il bascule le bassin et pose ses fesses par terre. Encore une fois, c’est ma vision des choses et cela n’engage que moi…

Mais si j’en crois cette nouvelle façon d’aborder le chien, je ne peux qu’en tirer la conclusion, que je me trompe, et que le chien, effectivement, parle notre langue… Vous ne me croyez pas ? Vous voulez des exemples concrets ? Soit. Voici donc quelques notions choisies, et je vous jure sur tout ce que j’ai de plus cher, que les termes entre guillements, n’ont pas été inventés par moi… mais démontre la réalité actuelle :

  • Le « NON » est, et doit être à tout jamais, proscrit de notre vocabulaire avec les chiens, sous peine de les mettre dans une « zone d’inconfort », et dans un état de « détresse acquise », les transformant ainsi en chiens-légumes-lobotomisés-tyranisés.
  • Nous « n’éduquons » plus les chiens (bouh c’est interdit, ça fait appel à une notion d’obligation de faire, d’éventuelles sanctions, …), nous entretenons une « collaboration » avec eux.
  • Nous n’avons pas un « chien dans la maison », mais « partageons notre espace en bonne intelligence », sans déranger sa « zone personnelle », en suivant la « politesse canine et les interactions pacifistes », ainsi que les « règles internationales canines » (sinon, le chien vous mord et vous l’aurez bien cherché… et oui.).
  • Nous ne sommes plus des « maîtres de chien » (bouh, cela fait appel à une notion d’esclavagisme du chien ça, ce n’est pas bien…), mais nous sommes les « humains du chien ».
  • Nous ne sommes plus des « chefs » (rappelant le terme de « chef de meute » qui lui aussi est un gros mot), nous sommes des « leaders ».

Si vous tapez sur internet les mots clefs « chef / leader » vous tomberez sur ce magnifique paragraphe, repris à maintes reprises sur énormément de site internet :

Le chef utilise JE
Le Leader utilise NOUS

Le chef crée la PEUR
Le Leader inspire la CONFIANCE

Le chef SAIT comment
Le Leader MONTRE comment

Le chef DONNE des ordres
Le Leader MONTRE comment obéir

Le chef se fie à son AUTORITE pour que les choses se fassent
Le Leader se fie à la COOPERATION pour que les choses se fassent

Le chef provoque du RESSENTIMENT
Le Leader allume l’ENTHOUSIASME et la MOTIVATION

Bref, il y en aurait des kilomètres dans le même style… Mais je ne suis pas là pour écrire un roman. Ce qui amène à ma troisième et dernière question :

Serions-nous en train de perdre la raison ?

Nous sommes une immense majorité de personne à regarder les émissions tv, ou l’on voit une personne, tenant dans les bras un chihuahua, la tête orné d’un diadème, dans une petite robe pour chien de marque, les ongles vernis, devant son gateau d’anniversaire, et à nous dire que c’est du grand n’importe quoi, allant jusqu’à plaindre ces pauvres chiens, si dénaturés de leur état initial de « chien ».

Néanmoins, si en ces temps de crise, une industrie sort son épingle du jeu, c’est bien l’industrie des accessoires pour chiens… De la tenue à la mode, au maquillage, à la perruque, au dentier, au cache anus en forme de fleur, en passant par le sex toys pour chien… tout y passe.

En Chine, de personnes aux revenus faibles, après les avoir mangé durant des décennies, dépensent des fortunes pour offrir à leur chien, un enveloppement aux huiles essentielles au spa canin…

Sans aller dans tels extrêmes, l’inventeur du « lavomatic pour chien » a fait fortune ces 6 dernières années et l’exporte dans le monde entier… Ou laver son chien devient aussi simple que de choisir son cycle de lavage / séchage et d’appuyer sur un bouton !

Mais dans l’éducation canine, n’est-on pas là en pleine dérive également ? Pensez-vous réellement que le chien, en tant que chien, en a quelque chose à faire du mot que l’on emploi ? Pensez-vous que cette « humanisation » lui convienne ? Pour en revenir à mon exemple de vidéo, pensez-vous que le chien préfère être mis à mort par cette horde de bien-pensants, ou recevoir cette petite « tapette » qu’il n’a même pas du sentir, mais après avoir la vie sauve, le jeu, les câlins ?

Passant plus de temps à hurler « au drame et à l’infamie », qu’à régler des problèmes importants sur les chiens ayant de vrais troubles du comportement, ces nouveaux profils d’intervenants dans le chien proposent à présent des conseils juste téléphonique sans même voir le chien ("mon chien m'a attaqué que dois-je faire ? » « Ce chien a juste besoin d'être compris monsieur.. .» bref...), maintenant on propose d'éduquer votre chien, sur internet, sans même plus voir NI le maître NI le chien (cf : www.educationdechien.fr)...!

Conclusion

Je sais d’avance que je vais être montrée du doigt, clouée au pilori des bien-pensants, forcément je vais être suspectée d’être une barbare qui violente les chiens en les pendants à leur collier à pointes aiguisées, tout en leur envoyant une décharge maximum d’un collier electrique attaché directement sur les testicules… Tant pis, je prends le risque de dire ce qui, je le pense, n’est qu’une banalité : quand on aime son chien, on le respecte pour ce qu’il est, sans le dénaturer pour qu’il devienne ce que nous souhaitons qu’il soit.

Je prends le risque de dire haut et fort qu’un chien est… un chien.

Je prends le risque de dire haut et fort qu’un chien se doit d’être correctement éduqué, sans violence ni physiques ni émotionnelles, pour vivre en harmonie avec les êtres humains qui l’entourent.

Je prends le risque de dire haut et fort, qu’il n’est pas utile de caresser l’anus du chien avec un bouquet de marguerite pour montrer que l’on n’est pas un coercitif violent.

Je prends le risque de dire haut et fort, que tous les chiens sont uniques, avec leur sensibilité propre, leur intelligence, et qu’il y a autant de moyens et de méthodes d’éducation qu’il y a de chiens.

Je prends enfin le risque de dire haut et fort, que la seule chose à proscrire définitivement, c’est la violence faite à un chien.

Mais la plus grande des violences, la plus affreuse, la plus impardonnable, n’est-ce pas de ne pas tout tenter plutôt que de conseiller l’euthanasie à tour de bras ? Nos chiens ne méritent-ils pas que l’on tente tout pour qu’ils vivent ? A méditer...

Roseline Gay Pupier – Educateur Canin

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